B-boy Soso : « Le battle, c’est la base de tout »

Sélectionné d’office pour la finale du Red Bull BC One 2016, le Français Soso décolle dans quelques jours pour Nagoya. Alors qu’il s’apprête à affronter les meilleurs danseurs de la planète, il fait le point sur son parcours et son rapport avec la danse. Et livre les secrets de son entraînement...

Originaire de Saint-Etienne, âgé de 26 ans mais déjà mondialement (re)connu, l'ancien judoka Soso est un habitué du Red Bull BC One : en 2011, il remportait déjà le Red Bull BC One France Cypher (Lyon) et partait défendre la France en finale à Moscou. En 2016, il s'en souvient encore : « Ce n'était pas une très bonne expérience, dit-il. J'étais jeune et je me suis retrouvé brusquement dans le grand bain. Aujourd'hui, j'ai travaillé, j'ai beaucoup avancé et je suis capable de l'emporter. C'est dans cet esprit que je pars à Nagoya : mon seul but est de gagner ».

Plus qu'en 2011, le Français a en effet toutes ses chances : depuis 2011, il n'a pas quitté un seul instant le circuit des battles, au niveau national comme international, en solo comme avec son crew, Melting Force. « Je partage ma vie entre les répétitions pour les créations que nous mettons en scène avec Melting Force et les cours que je donne chaque semaine, mais le battle reste l'élément central : c'est l'endroit où tu te dépasses, où tu te réinventes, où tu sors de ta salle d'entraînement. C'est là que tu comprends ce que tu dois améliorer ou, au contraire, ce que tu peux enlever ». Et même si certains events ont une importance particulière pour lui - comme le Battle Of The Year 2016, où Melting Force arrivait à la deuxième place fin octobre -, Soso n'en néglige aucun : « Il n'y a pas de petits ou de grands battles, il n'y a pas de bons ou de mauvais adversaires : tous sont importants. C'est comme ça que l'on apprend, que l'on avance. Le battle, c'est la base de tout ».

Malgré la finale qui approche à grands pas, Soso reste le b-boy calme qu'il a toujours été : il n'a rien changé à son mode de vie ni à son entraînement. Pour lui, la régularité est la clé : « Je ne peux pas dire que je m'entraîne différemment en vue de cette finale. Il s'agit surtout de maintenir un niveau technique et physique constant tout au long de l'année, d'être régulier. Cela te permet, le moment venu, de te laisser aller, d'être libre vis à vis de ta danse, de pouvoir aller là où tu veux car tu as derrière toi le background nécessaire ». C'est précisément cette attitude rigoureuse, ce travail constant sur la technique et la forme physique lui permet de conserve toute sa spontanéité dans un battle, d'aller plus loin que les autres : « Lorsque tu es en forme physiquement, tu peux répondre à n'importe quel adversaire. J'écris mes passages, mais je garde une part de liberté, d'improvisation. Je connais les grandes lignes de mes sets mais le reste se décide sur le dancefloor. La stratégie et la technique ne font pas tout : il faut aussi savoir « vivre » un battle, être capable de répondre en quelques secondes ».

Il suffit d'ailleurs d'observer ses passages solo lors du battle qui a opposé Melting Force aux Japonais de Flooriorz en finale du Battle Of The Year 2016 pour comprendre qu'en termes de créativité et d'improvisation, Soso n'a de leçons à recevoir de personne. En 2016, il semble mieux armé que jamais pour remporter un battle comme le Red Bull BC One.